Bourgheim, un petit village et une
longue histoire. Situé au bord de la Kirneck sur une terrasse loessique
dominant le Bruch de l’Andlau, le site est habité dès l’époque
gallo-romaine.
Trouvailles occasionnelles et fouilles
prouvent l’existence d’un fortin entouré de cabanes et de fours à
potiers.
Le village sous le nom de Burghaime est
mentionné pour la première fois en 738 comme possession des ducs
d’Alsace. Il passe plus tard à l’Empire et devient un Reichsdorf
comme ses voisins Barr, Gertwiller, Goxwiller et Heiligenstein avec
lesquels il partage l’usage des forêts et du Bruch. De nombreux
couvents : Wissembourg, Ebersmunster, Niedermunster, y possèdent des
biens. A la fin du Moyen-Age deux localités se sont constituées :
Oberburgheim au sud de la Kirneck avec une chapelle Saint-Nicolas et
Niederburgheim autour de l’église Saint-Arbogast. Cette dernière
conserve de beaux vestiges de l’époque romane. Au XVème siècle
Oberburgheim disparaît.
Au début du XVIème siècle, Bourgheim
comme les autres communes de la seigneurie de Barr, est donnée par
l’Empereur Maximilien à Nicolas ZIEGLER. Les fils de ce dernier vendent
en 1566 et 1568 l’ensemble à la ville de Strasbourg qui en reste
propriétaire jusqu’à la Révolution.
Bourgheim passe par une crise terrible
au cours des guerres du XVIIème siècle. Le village n’a plus d’habitants
en 1679. Certains reviendront, on signale huit familles en 1681. En 1779
on compte 140 personnes : 118 protestants et 22 catholiques.
Comme dans toute la seigneurie, la
Réforme a été introduite vers 1545. Bourgheim a d’abord été desservi par
Gertwiller, puis est devenu à partir de 1565 jusqu’à nos jours filiale
de la paroisse de Goxwiller, où réside le pasteur. Après le rattachement
à la France, le catholicisme fut réintroduit en 1685. Le régime du « simultaneum »,
usage de la même église par les deux confessions, est toujours en
vigueur. Les catholiques étaient à l’origine rattachés à Niedernai.
Après la Révolution, Bourgheim est
devenu une commune de plein droit. Elle a vécu au XXème siècle la
création d’une usine de matériel agricole qui a modifié l’aspect du
village.
Marie-Anne HICKEL,
membre fondateur de la Société
d’Histoire et d’Archéologie de Dambach la Ville-Barr-Obernai.