

HISTOIRE
DE GERTWILLER de l’origine à 1792
Par Jean Claude LAUER
A – ORIGINE et SITUATION du VILLAGE
L’existence du village est attestée dès
718 sous la dénomination de GERTENWILRE. A cette époque le Duc ETICHON
(ou ATTICH) était l’un des souverains les plus importants d’Alsace. Il
fit don à sa fille Odile de sa forteresse ALTITONA ; l’ancienne
HOHENBURG ; elle la transforma en monastère de femmes. Par la suite elle
créa un autre couvent plus accessible au pied de la montagne, celui de
NIEDERMUNSTER . Elle mourut en 720 et fut vénérée d’emblée comme la
patronne protectrice de l’Alsace.
Trois hypothèses ont été avancées quant
à l’origine du nom de village.
La première soutient que le nom n’est
autre que celui du seigneur habitant ce lieu et qui s’appelait Gerdo ou
Gerhard (Gert était la forme abrégée) d’où le toponyme de Gerd(o)villa(re).
La seconde propose une origine
géographique du fait de l’implantation du village dans un creux entouré
de talus, ce type d’endroit étant anciennement appelé KART, ou encore un
espace modifié par l’homme se protégeant derrière un enclos fait de
haies vives renforcées par des poteaux de bois, ce type d’enceinte
portant le nom de GARTO ou GARDA.
La troisième version repose sur le
substantif GERT signifiant bâton flexible (badine ou baguette) ou en
plus grand, gaule. C’est cette origine qui a été retenue en 1870 par les
autorités locales pour le choix du blason du village, à savoir un rameau
de laurier entouré de quatre étoiles.
Le village se situe sur la Kirneck en
aval de Barr. Trois moulins ont été exploités (deux à grains et le
troisième à huile) jusqu’avant la seconde guerre mondiale, le plus
ancien datant du 16ème siècle.
Le ban communal a une superficie de 490
hectares plus 2000 hectares de forêts en copropriété avec les localités
environnantes.
B – APERCU HISTORIQUE
L’histoire de Gertwiller est
indissociable de celle de la seigneurie de BARR dont l’existence
remonterait au 8ème siècle. Faisaient partie de la seigneurie
outre les deux localités précitées : Heiligenstein, Goxwiller, et
Bourgheim. A proximité de Bourgheim ont été découvertes des ruines
romaines.
L’église de Gertwiller date du 11ème
ou 12ème siècle ; elle est dédiée à St Barthélemy, l’un des
douze apôtres qui évangélisa l’Orient notamment l’Arménie. Sa fête est
fixée au 24 août, il est devenu le patron des bouchers et des tanneurs.
La première mention de l’église remonte à 1206, la partie romane de la
tour-chœur date de cette époque.
En 1160 les villages de la seigneurie
de BARR sont qualifiés de villages d’Empire, et à ce titre les habitants
n’étaient pas astreints au servage mais avaient un statut d’hommes
libres (plus tard de bourgeois). Cela n’empêchait pas leur soumission à
la double tutelle du ministériel de l’Empire germanique et de l’Eglise
par l’intermédiaire des couvents du Mont Ste Odile et de Niedermunster.
Autour de 1160 également fut rédigé
l’Hortus Deliciarum (le Jardin des Délices) par Herrade de LANDSBERG,
abbesse du Mont Ste Odile, recueil encyclopédique du savoir de l’époque
enrichi de plusieurs centaines de dessins.
Toujours en 1160 l’Abbesse de
Niedermunster réclama auprès des deux localités Bourgheim et Gertwiller
30 ohms de vin (1500 litres) pour les pélerins qui par tradition avaient
droit à la coupe de Ste Odile.
En 1206 pour une contestation de la
dîme de vin avec Niedermunster est mentionné le prêtre plébéien Heinrich
de Gertwiller.
Entre 1237 et 1240 le prêtre plébéien
se nomme Otto.
En 1259 Gertwiller disposait d’un
rectorat qui dépendait de l’Archiprêtre d’Andlau.
En 1267 le recteur qui était en général
un fils de famille noble, s’appelait Egelof de LANDSBERG. Le prêtre
plébéien officiait à sa place ne touchant qu’un maigre revenu.
En 1283 Gertwiller acquit
l’organisation administrative qui prend le nom de Bauernschaft ou
Gemeine et qui voit apparaître à côté du Schultheiss présidant le
tribunal seigneurial assisté de ses assesseurs, le Heimburger (l’ancêtre
du Bürgermeister) élu par les habitants et administrant la commune
entouré de jurés (Geschworene) qui forment l’équivalent du conseil
municipal.
En 1350 l’église paroissiale est
attribuée par l’évêque Berthold au couvent de Niedermunster qui touche
les recettes et nomme le curé.
En 1419 le recteur est Peter von EPFIG
alors que le prêtre plébéien se nomme
Conrad LEMBELIN.
En 1460 le recteur est Friedérich von
LANDSBERG.
En 1513 l’Empereur Maximilien 1er
désigne Nicolas ZIEGLER, catholique originaire de Nördlingen en Bavière,
gérant de la Seigneurie de BARR.
En 1518 Charles Quint le nomme Freiherr
(Seigneur indépendant).
En 1525 éclate la guerre des paysans
qui pillent et saccagent en particulier les couvents de Niedermunster et
de Truttenhausen. La révolte est écrasée par le Duc de Lorraine.
Nicolas ZIEGLER réfugié à Sélestat, ne
se montre pas trop sévère puisqu’il n’y eut qu’une condamnation à mort,
mais de nombreuses amendes (70 paysans devant payer 40 Gulden en or).
En 1527 son successeur est luthérien,
originaire d’ULM.
En 1543 Nicolas ZIEGLER junior ordonne
la fermeture du couvent des franciscains de BARR (vallée St Ulrich).
Lorsqu’en 1545 le Réforme fut
introduite dans la Seigneurie de BARR, les habitants vivant sur son
territoire devinrent automatiquement luthériens selon la loi « cujus
regio, hujus religio » (tel seigneur, tel religion). En conséquence la
religion catholique disparut totalement dans les cinq localités de la
Seigneurie.
En 1568 la ville de STRASBOURG rachète
la Seigneurie à Frédéric ZIEGLER ;
elle devient bailliage en 1595.
En 1592 la guerre des évêques de
STRASBOURG (catholique contre protestant) provoque le retour des soldats
lorrains qui détruisent 70 maisons et le château de BARR.
Puis survint la guerre de trente ans
(1618-1648).
En juillet 1631 les impériaux entrent
dans BARR et le 26 au soir une centaine de soldats veulent forcer
l’entrée de Gertwiller, le Schultheiss Sébastien ZEYSSOLF persuade les
autorités militaires de les cantonner à l’extérieur. Le 23 octobre 1633
des maraudeurs suédois pillent et tirent les habitants comme des lapins,
le commandement se trouvant à EICHHOFFEN est prévenu et remet de
l’ordre. En 1636 les Français mettent le feu à BARR et empêchent les
habitants d’éteindre l’incendie. Le 2 octobre les Impériaux pillent
Gertwiller.
A partir de 1673 les troupes de Louis
XIV envahissent l’Alsace.
En 1674, 110 déclarations de dégats
occasionnés par les troupes sont adressées par les habitants de
Gertwiller aux autorités militaires. La réaction ne se fait pas
attendre : par lettre du 14 avril 1674 du quartier général à SAVERNE, le
maréchal TURENNE exige de ses commandants la protection des biens situés
dans les bailliages ruraux de STRASBOURG.
Dans la liste des localités concernées
sont citées BARR, GERTWILLER, HEILIGENSTEIN, BOURGHEIM, MITTELBERGHEIM
et GOXWILLER.
Le 9 novembre 1678, les troupes
Françaises quittent BARR, quand un tonnelier tire sur un officier et le
tue. En représailles, les soldats incendient la ville qui en outre doit
payer une forte indemnité.
Le 23 septembre 1680 le bailliage est
rattaché à la France.
Le 30 septembre 1680 la ville de
Strasbourg capitule, mais conserve ses droits et coutumes pouvant lever
les impôts et garder sa municipalité. La cathédrale cependant doit être
rendue au culte catholique ce qui fut fait, le 20 octobre Egon von
FURSTENBERG le prince-évêque en prit possession et accueillit le Roi le
23 octobre.
En 1685 Louis XIV par souci d’unité de
son royaume, révoque l’Edit de Nantes ce qui aboutit à la suppression
des confessions luthérienne et calviniste. Le traité de Westphalie
(1648) avait fixé les droits des confessions en Alsace. Cependant après
la paix de Nimègue le roi passa outre.
En 1684 tous les fonctionnaires
protestants eurent ordre de se convertir ou de quitter leur poste. Cela
concernait le Schultheiss, les maîtres d’école etc…..
En 1686 dans toutes les localités
protestantes ou vivaient au moins sept familles catholiques, le chœur de
l’église devait être réservé aux catholiques de telle sorte que la même
église devait servir aux deux cultes (simultaneum). Ceci fut appliqué à
Gertwiller vers 1689.
Avant l’instauration du simultaneum les
catholiques de Gertwiller devaient se rendre à VALFF pour les baptêmes,
mariages et sépultures.
Vérification faite dans les registres
de Baptêmes mariages et sépultures de Valff on n’y trouve aucun habitant
de Gertwiller ; toutefois les registres ne commencent qu’en 1681 pour
les baptêmes et 1685 pour les mariages.
Les personnes qui se convertissaient au
catholicisme bénéficiaient de l’exemption d’impôts pendant trois ans, de
la remise de leurs dettes et de gratifications importantes.
C – LA POPULATION
Le recensement de 1693 confirma
la situation démographique de Gertwiller qui comportait 18 familles
catholiques contre 46 familles luthériennes, soit au total 64 familles
réunissant 330 personnes. Après une étude approfondie des registres
paroissiaux catholiques et protestants, nous avons pu identifier les 18
familles catholiques (cf tableau)
Recensement de 1693
N° PATRONYME
Couple
Religion Nbre personnes
D’origine
par familles
1
ECK ECK
Daniel protestant 5
HAUSWIRTH
Catherine protestante
2 GEYER GEYER
Jean catholique 4
SCHMIDT
Dorothée protestante
3
GEYER GEYER
Nicolas catholique 3
WALTER Anne
Catherine protestante
4 GILGENMANN GILGENMANN
Pierre protestant 2
SCHILTZ
Odile protestante
5
GRAFF GRAFF Jean Egide
catholique 3
MAR(C)K
Ursule catholique
6
GROSS GROSS
Jacques catholique 6
TREYER
Barbe catholique
7 HEILIGENSTEIN HEILIGENSTEIN
Laurent protestant 3
GLOECKLER
Anne protestante
8 KORNMANN KORNMANN
Daniel protestant 3
SIEGEL
Catherine protestante
9 KRAUSS KRAUSS
Jacques protestant 2
LEICHT
Catherine protestante
10 KRUCKER
KRUCKER Jean protestant 5
BAUER Madeleine protestante
11 MULLER Daniel MULLER
Daniel protestant 3
KORNMANN
Catherine protestante
12 NESSMANN NESSMANN
David protestant 5
WAGNER
Odile protestant
13 PETER PETER Jacques
protestant 5
WANTZ
Odile protestante
14 PETER PETER
Pierre catholique 4
MICHEL
Anne catholique
15
SCHNEIDER SCHNEIDER Jean
catholique 6
WELTZ
Catherine catholique
16
STORREN STORREN Jean
catholique 4
N(A)EGEL
Salomé catholique
17
VOEGELIN VOEGELIN Jean Jacques
catholique 4
PERSON Anne
Marie protestante
18
WAGNER WAGNER Jean
protestant 1
KORNMANN
Catherine protestante
68 personnes
On constate que les 10 familles : ECK,
GILGENMANN, HEILIGENSTEIN, KORNMANN, KRAUSS, KRUCKER, MULLER, NESSMANN,
PETER et WAGNER sont originaires (l’époux et l’épouse) de Gertwiller à l’exception de KRUCKER originaire de Goxwiller ; il s’agit donc de
protestants qui ont opté pour la religion catholique pour les motifs
évoqués ci-devant.
Trois familles en l’occurrence celles
des deux frères GEYER Jean et Nicolas (originaires du margraviat de
BADE), et celle de VOEGELIN Jean Jacques (également badois du sud)
résultent d’unions mixtes, les épouses étant nées protestante à
Gertwiller ou à Barr, (elles ont certainement abjuré avant le mariage)
et les trois époux étant catholiques de naissance.
Les cinq familles restantes : GRAFF,
GROSS, PETER, SCHNEIDER et STORREN sont venues de l’extérieur de la
seigneurie de Barr et sont catholiques à 100%.
Les curés étaient des curés
royaux et touchaient un traitement du gouvernement. Pour ce qui concerne
Gertwiller qui ne constituait pas une paroisse mais une annexe de la
paroisse de MITTELBERGHEIM, en 1688 le curé Rémy KOCH touchait 400
livres de traitement avec un complément de la communauté de
Mittelbergheim de 20 livres 4 sols, 3 ohms de vin de messe et 8 cordes
de bois, et de la communauté de Gertwiller de 4 livres, 3 ohms de vin de
messe et 4 cordes de bois.
Les curés qui se succédèrent furent les
suivants :
1688
Rémy KOCH
1689
Wiedekind
FERXEN (de Westphalie)
François KLEIN
1703
François JacquesWITTENWARTH (d’Offenburg)
1704
François Guillaume MICHON (de Molsheim)
1709 Hermann SCHOENEMANN
1715 Guy FIX (de Gougenheim)
1723 Jean SCHWEBEL (vicaire)
1725 Antoine STEIN
1730 Jacques MULLER
1743 Joserph MULLER (d’Obernai)
1744 Donatien SCHLECHT
1745
Antoine STREICHER (de St Pierre)
1758
Antoine JOST
1779
Jean Louis GUNTZ
1783
Laurent BECK
Les Schultheiss qui ont occupé cette fonction, devaient être
selon Louis XIV obligatoirement catholiques, leur liste se traduit par :
Daniel KORMANN
(1685_1698)
Il est né vers 1625 à Gertwiller, fils
de Jean, fut baptisé protestant, se maria avec Anne Marie NN veuve de
Jacques PAULY le 28/05/1660 à Gertwiller (PP=paroisse protestante) puis
une deuxième fois avec Catherine SIEGEL, fille de Mathias le 03/02/1673
à Gertwiller PP. Il était sans doute déjà prévôt avant la promulgation
de la nouvelle législation (1684). Il a donc été obligé d’abjurer pour
conserver sa fonction (cf Tableau des 18 familles). Du deuxième lit est
né et baptisé catholique le 20/10/1689 Daniel KORMANN junior. Daniel
KORMANN sénior est décédé le 07/02/1698 à Gertwiller (PC).
Bénédict SCHWARTZ
(1698-1720)
Il est né à Gertwiller, fils d’André,
fut baptisé protestant, épouse en premières noces Marie Salomé LIPP,
(fille de Jean), le 08/06/1688 à Gertwiller PP, puis se remaria avec
Suzanne GUNTHER, (fille de Jean) de Bourgheim, le 01/12/1693 à
Gertwiller PP. Il a abjuré le protestantisme pour pouvoir acheter la
fonction laissée vacante début 1698. Il a épousé en
3ème noces Anne FUCHS veuve
du maître d’école Christophe SCHLEMLE (décédé le 11/09/1705). Bénédict
SCHWARTZ décéda le 02/03/1720 à Gertwiller PC.
Jacques PFISTER
(1720-1753)
Il est né vers 1665 à Gertwiller, fils
d’Ulrich, fut baptisé protestant, épousa Anne Marie SCHILTZ, (fille de
Paul) le 01/03/1689 à Gertwiller PP. Il s’est converti au catholicisme
début 1720 pour acquérir la fonction de Schultheiss. Il est décédé le
13/11/1753 à Gertwiller PC.
Jean Jacques WAGNER
Il est cité comme témoin au mariage du
12/02/1755 comme praepositus alors que le prévôt est dénommé plutôt
praetor. Il pourrait s’agir de Jean Jacques WAGNER né vers 1685 (fils de
Jean), baptisé protestant qui s’est marié le 05/08/1710 à Gertwiller PP
avec DIETERICH Anne Marie veuve de DURR Jean Jacques, puis le 25/01/1735
à Gertwiller PP avec KORMANN Marie Madeleine, (fille de Jean). Tout ceci
est plus que douteux.
Frédéric Antoine Philippe DONNER
Il est cité le 05/10/1783 comme témoin
au décès de Catherine RITTI épouse de François Joseph OUTARD (prévôt à
Goxwiller et Bourgheim). Il est dit praetor à MITTELBERGHEIM et
GERTWILLER ; autrement dit la fonction de Schultheiss comme celle de
curé concernait deux localités, peut-être était-ce le cas dès 1753 ?
Les maîtres d’école catholiques
pour la période qui nous intéresse furent successivement :
1-
Jean
WERBIER (1689) époux
d’Anne Marie METZGER,
2-
Jean
Egide GRAFF
(1690-1693) époux d’Ursule MARCK,
3-
Christophe SCHLEMLE
(1693-1705) époux d’Anne FUCHS, décédé le 11/09/1705 à Gertwiller PC,
4-
Jean
SCHLEMLE, sans doute
fils du précédent, cité en 1701 pour épauler son père vieillissant,
5-
Jean
Ulrich FREY
(1706-1726), époux de NOTZ Marie Madeleine (+09/01/1709). Il fut
également sacristain et décéda le 06/08/1726,
6-
Jean
GERST(ER) (1726-1729)
époux de Marie Hélène ARBOGAST
7-
Georges RIEFFEL
(1729-1762) époux d’Anne Marie HAERINCKEL (+19/02/1744), puis de GYSS
Dorothée veuve de Wolgang STREICHER (d’Obernai) oo le 23/11/1744 à
Gertwiller PC. Il est décédé le 17/05/1762,
8-
Jean
RIEFFEL (1762-1784),
époux de WEISS Marie Madeleine.
Il s’agit du fils de Georges et d’Anne
Marie HAERINCKEL. Il est décédé le 18/10/1784
9-
Joseph
RIEFFEL (1754-1792)
Il s’agit du fils de Jean et Marie
Madeleine WEISS.
Remarque : Les trois derniers occupent
le poste de maître d’école catholique de père en fils.
Les fermiers-intendants ont
constitué une véritable dynastie à travers tout le 18ème
siècle.
Ils exploitent les terres pour le Grand
Chapitre de la Cathédrale de STRASBOURG ; ils étaient à la fois
agriculteur, économe et intendant et à ce titre portaient une
qualification ronflante que les curés successifs ont reproduite dans
chaque acte les concernant, à savoir :
« villicus Reverendissimi et
Illustrissimi Cathedralis Ecclesia Argentinensis Capituli «
1-
Jean SCHNEIDER
(1624-1701)
en fonction ca 1675-1701
2- Jean Jacques
SCHNEIDER (1676-1717) fils du précédent,
en fonction de 1701-1717)
3- Jean BECHTEL (1675-1712)
est en double avec SCHNEIDER Jean (cité en 1708, 1710 et 1711) époux de
Marie SEILER veuve de Jean SCHNEIDER (n°1)
4- Jean Jacques HUFFSCHMIDT
(1691 Matzenheim-1744) époux d’Anne Catherine SCHNEIDER, sœur de Jean
Jacques SCHNEIDER (n°2),
en fonction de 1718-1744
5- Jean ZORNINGER (1692
Rosheim-1741) époux d’Odile RAUCH veuve de Jean Jacques SCHNEIDER (n°2),
en fonction 1717-1741
6- Jean Georges MEYER (1722
Kogenheim-1774) époux de Marie Eve HUFFSCHMIDT fille de Jean Jacques
(n°4)
7- François Joseph STEMMEL
(1747 Kogenheim_1811) époux de Marie Madeleine MEYER fille de Jean
Georges (n°6).
Le lien familial est indéniable dans la
transmission de la fonction. Nous supposons qu’elle a disparu avec
l’abolition des privilèges le 04/08/1789 mais rien n’est moins sûr.
Dans le chœur de l’église fut mis à
jour une dalle tombale comportant l’inscription suivante :
„ Hier ruht Gottfried-Ulrich,
Johannes-Antonius und Johannes die STORREN, Johannes STORREN
Ambtschreiber des Herrschaft BARR liebe Kinder. Gott gnade ihren Seelen.
Verschieden Der Ersten
den 23 octobris 1681 5 Jahre 11 Monate alt
Der
Zweite den 9 octobris 1681. 4 Jahre 9 Monate alt
Der
Dritte den 9 februaris 1687. 2 Jahre 2 wochen alt“
Il s’agit de la 16ème famille du
recensement de 1693 (cf tableau) en l’occurrence celle de :
Jean STORREN notaire royal à Barr et
époux de NAEGEL Salomé.
Le couple est domicilié à Gertwiller,
on lui connaît cinq fils et une fille à savoir :
Gottfried-Ulrich né en
novembre 1675 et décédé le 23/10/1681
Jean Antoine né en janvier
1677, décédé le 09/10/1681
Jean né en janvier 1685,
décédé le 09/02/1687
Jean Christophe né le 16
janvier 1687 à Gertwiller PC
Jean Frédéric né le 24
janvier 1689 à Gertwiller PC
Catherine Marguerite née le
21 novembre 1692 à Barr PC.
Le recensement de 1779 donne au total
pour Gertwiller 559 habitants se composant de 425 protestants (soit 76%)
et 134 catholiques (24%).
L’identification des 30 familles
catholiques et leur composition figurent dans le tableau ci-après :
RECENSEMENT de 1779
N° PATRONYME
COUPLE Nbre
personnes
Par familles
1
BADER BADER Jean
Jacques 3
2 BURCKEL BURCKEL
Jean 4
3 BURCKEL BURCKEL Jean
Georges 3
4
DOTTER DOTTER
Mathias 9
5 EBERLIN EBERLIN François
Joseph 5
KEUSCH
Elisabeth
6 GEYER GEYER
Mathias senior 3
7 GEYER GEYER Mathias
junior 4
8
GEYER GEYER Jean Jacques
5
BRAEGEL Marie
Catherine
9 GEYER GEYER Jean
Georges 8
10 HUTTER HUTTER
Antoine 2
11 HUTTER HUETER
Mathias 4
12 HUFFSCHMIDT HUFFSCHMIDT Jean
Georges 4
GETER
Marie Richardis
13 JOST JOST
Thiebaut 8
BRAEGEL Anne Marie
14 KLOPP KLOPP
François 4
HERRMAN Anne Marie
15 KLOPP KLOPP
Jean 6
16
KLOPP KLOPP Jean
Jacques 3
PAULUS Anne Marie
17
KLOPP KLOPP Jean
Pierre 3
WALTER Marguerite
18
LANTZ LANTZ Jean
Georges 6
WAGNER Anne Marie
19
MEYER MEYER
Louis 6
20
MEYER MEYER
Jean 5
GEYER Odile
21
OUDARD OUDARD François
Philippe 2
RITTI Marie Catherine
22 PFLEGER PFLEGER Jean
Paul 3
RIEFFEL Marie Madeleine
23 RIEFFEL RIEFFEL
Jean 2
24 RIEFFEL RIEFFEL
Joseph 3
MAHLER Catherine
25
RINCKER RINCKER François
Joseph 3
HELFFER Anne Marie
26 SCHENCKBECHER SCHENCKBECHER Jean Ignace
5
VETTER Anne Marie
27
SCHEUER SCHEUER François
Antoine 8
POPP Marie
Marguerite
28 SCHNEIDER SCHNEIDER
François 3
HELFFER Anne Marie
29 STEMMEL STEMMEL François
Joseph 4
MEYER Marie Madeleine
30 STOLL STOLL Jean
Michel 6
MEYER Marie Barbe
30 familles 39
patronymes 134 habitants
Par rapport à 1693, la population
globale est passée de 330 à 559 habitants, soit une augmentation de 69%
et pour les deux confessions réunies.
pour les protestants de 262 à
425 soit un gain de 62%
pour les catholiques de 68 à
134 soit un gain de 97%
En réalité le nombre d’habitants
catholiques en 1693 est sous-estimé étant donné que bon nombre de
couples avaient déjà des enfants avant 1686 (début des registres de
baptêmes).
Si l’on estime le nombre de catholiques
à environ 80 en 1693, alors le gain par rapport à 1779 n’est plus que de
68% pour les catholiques et de 70% pour les protestants, soit le même
taux pour les deux communautés.
Il en résulte que la proportion (après
correction) de catholiques par rapport aux protestants en 1693 est de
80/250, soit 32%. Cette proportion est la même en 1779, c’est-à-dire de
134/425, soit 31,8%.
Après 90 années de coexistence les deux
communautés se retrouvent avec la même proportion d’habitants, soit un
tiers de catholiques pour deux tiers de protestants.
Jean-Claude LAUER,
Président du CDHEG